29e bulletin d'information

Centre Harmonie Corps & Sens

Un automne pour la Beauté !

L’automne s’en vient, les fruits nombreux dégagent le parfum de leur substance en voie d’accomplissement, prêts à s’offrir. Il en est de même pour l’être humain lorsque ses enfants sont en phase de quitter le nid familial, il vit conjointement, un temps de révélation de sa maturité en devenir.

SAUGE OFFICINALE (Salvia officinalis).

L’expérience acquise au fil des ans a élevé en lui la connaissance du monde et de lui-même, affinant sa capacité de discernement, solidifiant son aptitude à se connecter au bon sens, soutenant le rayonnement d’une autorité qui se manifeste avec une sagesse toujours plus remarquable. À l’automne de sa vie, le fruit de ses actions exprime logiquement une fragrance plus « savoureuse ».

Dans notre aromathèque, vous pouvez piocher une bonne vingtaine d’huiles essentielles contenant la fréquence de la sagesse. C’est le tour maintenant d’une plante qui se reconnaît bien comme l’une des plus compétentes à accompagner le passage de l’être humain en état de procréer, vers celui ayant accompli son rôle de parent et pouvant enfin, pleinement, se consacrer à son chemin d’individuation. Cette plante vit dans nos contrées et s’appelle SAUGE OFFICINALE (Salvia officinalis).

Du même genre que celui de la sauge sclarée (newsletter 13), elle nous donne une première impression plutôt féminine. Nous avons l’expérience que ces deux sauges se complètent à merveille pour soigner tout ce qui a trait au fonctionnement hormonal de la femme, dès la prépuberté.
Considérer que la sclarée soit la petite sœur de l’officinale, nous permet d’entamer une comparaison utile pour mieux les connaître dans leurs rôles respectifs : l’une est jeune, l’autre plus mature, l’une est expressive avec beaucoup de spontanéité, tandis que l’autre agit depuis une autorité naturelle entraînée, c’est-à-dire qu’elle a développé une plus forte relation avec son pôle masculin intérieur, la rapprochant de l'androgynie. Cela peut se lire dans le fait que les fleurs de l’officinale sont plus discrètes, les feuilles moins arrondies, les poches d’essence sont situées plus en profondeur des organes, la tige plus carrée.
Alors que la sclarée a la propriété d’être particulièrement œstrogène-like, l’officinale quant à elle est plus progestérone-like. C’est pour cette raison que le thérapeute peut jouer avec leurs proportions relatives : dans sa recette, il inscrit un rapport plus fort de sclarée en cas de dérèglements des menstrues ou d’infertilité, et plus de sauge officinale pour les symptômes de ménopause. Ces affirmations peuvent rencontrer une certaine validation par l’examen de la biochimie de ces essences : le taux de cétones dans celle de l’officinale avoisine les 50 %, alors que la sclarée n’en contient pas. La molécule dominante est le thuyone, la plus puissante cétone qui existe, ce qui place cette huile dans la liste de celles qui sont officiellement interdites à la vente aux non-professionnels. Progestérone / thuyone… même fonction chimique « …one ». Une famille biochimique qui agit bien sur la part du système nerveux sollicitée pour nourrir la force du moi, la force de volonté, la responsabilité et la conscience de soi, l’autorité en soi (ce qui n’est pas donné aux jeunes enfants, donc on ne leur prescrit pas la sauge officinale sous forme d’huile essentielle). Cette sauge se distingue donc fortement par sa capacité d’agir avec autorité et sagesse pour servir les autres (salvia - sauver), une aptitude qui ne peut s’affranchir d’un travail de connaissance de soi et d’affirmation de son individualité. Cela dit en passant, comme c’est un défi sous-jacent au passage harmonieux de la ménopause, elle se trouve être l’huile essentielle que j’utilise le plus systématiquement pour cette symptomatologie (pour en connaître plus sur le sujet, participez à ma conférence du 19 septembre à l’école de naturopathe de La Mandorle/Centre de Prévention Santé à Colombier - voir 2ème bouton en début de ce bulletin -).
La période de vie dans laquelle les femmes pourraient le plus aisément entrer en résonance avec la forme de vie de Salvia officinalis, se situe au delà de la quarantaine. Cela fait d’elle une excellente cheffe, efficace et appréciée, élaborant ses décisions en utilisant autant ses compétences féminines d’intuition, de ressenti, que ses aptitudes à raisonner de manière structurée. Elle donne ensuite ses ordres en conjuguant fermeté et finesse, sans jamais tenter de prendre le pouvoir sur ceux qui la suivent. C'est ce que l'on appelle l'autorité naturelle.

Aussi, je ressens fortement que la forme de vie de cette sauge a la capacité d’inspirer les femmes et les hommes d’aujourd’hui, celles et ceux qui refusent le joug proposé par une mouvance totalitaire grandissante. En effet, avec sa belle autorité engagée concrètement dans l’expérience humaine et toute la connaissance qui en découle (elle a fait ce chemin intérieur), elle aspire inéluctablement à exercer sa souveraineté. Cette attitude contagieuse contrecarre la guerre orchestrée contre l’individu(ation), contre l’émancipation des individus au delà des collectifs, ceux qui, sans suffisamment de références intérieures propres, obéissent aveuglément à l’autorité extérieure.

Pour revenir à son usage sur les symptômes, l’huile essentielle de sauge officinale présente des qualités guérissantes autres que la fonction de régulatrice hormonale (y compris les dérèglements de la transpiration, de la production de sébum ou de lait) : en association avec d’autres essences, elle soutient la détente nerveuse (ici le dosage est déterminant), elle participe à la réparation d’affections cutanées exigeant une fine microcicatrisation (ex : herpès, aphtes), ses cétones étant mucolytiques, elle aide les muqueuses infectées à se régénérer… et comme généraliste, elle est utilisée pour de nombreuses autres applications plus spécifiques.

Alain